Actions
Une action comme part de propriété résiduelle : capitalisation boursière, dividendes et pourquoi les actionnaires sont les derniers servis.
Une action est une part de propriété d'une entreprise. Détenir une action, ce n'est pas prêter de l'argent : c'est posséder une fraction de l'entreprise elle-même, avec les droits et les risques que cela implique.
Pour un ingénieur, l'analogie la plus proche est celle d'un actionnariat de projet open source financé par des parts : chaque part donne un droit de vote sur les décisions et une part des bénéfices futurs, mais aucune garantie de résultat. Il n'y a pas de date d'échéance, pas de remboursement promis : la valeur de l'action dépend entièrement de ce que l'entreprise devient.
Les droits d'un actionnaire
Posséder une action donne typiquement trois droits :
- Un droit de vote aux assemblées générales, proportionnel au nombre d'actions détenues.
- Un droit aux dividendes : une partie des bénéfices peut être distribuée aux actionnaires, mais rien ne l'y oblige. Beaucoup d'entreprises en croissance ne versent aucun dividende et réinvestissent tout.
- Un droit résiduel sur les actifs de l'entreprise en cas de liquidation, mais après que tous les créanciers (dont les détenteurs d'obligations) ont été remboursés.
Le point clé : dernier servi, premier à perdre
C'est ce dernier point qui définit le profil de risque d'une action. Dans la structure du capital d'une entreprise, les actionnaires sont remboursés en dernier en cas de difficulté. C'est pour cela qu'une action est structurellement plus risquée qu'une obligation émise par la même entreprise : le potentiel de gain est plus élevé, mais le risque de perte totale aussi.
Capitalisation boursière et valorisation
Le prix d'une action, multiplié par le nombre total d'actions en circulation, donne la capitalisation boursière de l'entreprise : c'est la valeur que le marché attribue à l'ensemble de l'entreprise à un instant donné.
Une entreprise a émis 10 millions d'actions, actuellement cotées à 25 € chacune.
- Capitalisation boursière : 10 000 000 × 25 € = 250 millions d'euros.
- Elle verse un dividende annuel de 0,50 € par action.
- Rendement du dividende : 0,50 € / 25 € = 2 % par an.
Si le lendemain l'action passe à 27 €, la capitalisation boursière grimpe à 270 millions d'euros : rien n'a changé dans l'entreprise elle-même, seule l'anticipation collective des investisseurs a bougé. C'est cette variation quotidienne, souvent de l'ordre de 1 % à 3 % pour une grande entreprise cotée, que l'on appelle la volatilité et qui sera au centre du module suivant sur les mesures de risque.
Pourquoi ce n'est pas juste "un prix qui monte ou descend"
Un prix d'action agrège en permanence des informations très diverses : résultats trimestriels, perspectives sectorielles, niveau des taux d'intérêt (une action rapporte-t-elle plus qu'une obligation sans risque ?), climat de confiance général. C'est ce qui rend une action plus volatile qu'une obligation : elle absorbe l'intégralité de l'incertitude sur l'avenir de l'entreprise, sans le filet de sécurité d'un remboursement contractuel fixé à l'avance.
- Une action est une part de propriété, pas un prêt : elle donne un droit de vote, un droit potentiel aux dividendes, et un droit résiduel en cas de liquidation.
- La capitalisation boursière (prix × nombre d'actions) mesure la valeur que le marché attribue à l'entreprise à un instant donné, et change en continu.
- Les actionnaires sont remboursés en dernier en cas de difficulté de l'entreprise : c'est ce qui rend l'action structurellement plus risquée (et potentiellement plus rémunératrice) qu'une obligation de la même entreprise.